Actualités
L’économiste Thomas Lalime tire la sonnette d’alarme
L’économiste Thomas Lalime tire la sonnette d’alarme sur la récente implication du secteur privé dans le pouvoir politique en Haïti. Selon lui, cette concentration du pouvoir entre les mains d’intérêts économiques pourrait conduire à une véritable captation de l’État, au détriment de l’intérêt général et de la population.
Pour les citoyens, les conséquences pourraient être lourdes. La mainmise du secteur privé sur les décisions politiques pourrait entraîner une hausse des prix des produits essentiels, marginaliser les populations les plus vulnérables, creuser les inégalités et accroître le risque de contestation sociale. Dans un contexte déjà marqué par l’insécurité, une crise économique persistante et une méfiance généralisée envers les institutions, cette captation du pouvoir pourrait exposer les responsables politiques à des mobilisations populaires et à des troubles majeurs, transformant la gestion du pays en un véritable champ de turbulences.
Thomas Lalime souligne que si le secteur privé cherche à imposer ses intérêts, il pourrait se heurter à une opposition croissante de la classe politique, de la société civile et du peuple. Ces acteurs doivent rester vigilants pour protéger l’intérêt général et empêcher que le pouvoir économique ne prenne le pas sur le pouvoir politique, au risque de fragiliser davantage la stabilité nationale. L’économiste rappelle que la concentration économique en Haïti est déjà très forte, avec une poignée de familles et de groupes financiers contrôlant des secteurs stratégiques comme l’alimentation, l’énergie, la construction, la finance et les douanes. Une telle domination sur l’économie facilite la captation politique et limite l’accès équitable aux ressources pour la majorité des citoyens.
La situation actuelle illustre les défis auxquels Haïti est confronté : concilier gouvernance efficace, équité sociale et légitimité politique dans un contexte de crise persistante. Pour éviter que la concentration du pouvoir économique ne se traduise par un pouvoir politique abusif, Thomas Lalime plaide pour une vigilance collective et la mise en place de garde-fous capables de protéger l’intérêt général et la stabilité du pays.
Face à ces enjeux, le message est clair : sans contrôle citoyen, transparence et inclusion sociale, la prise de pouvoir par le secteur privé pourrait rapidement devenir un facteur de fragilisation politique et sociale, plutôt qu’une opportunité pour le développement du pays.
Joel Damas, Journaliste