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Haïti face aux manœuvres de la CARICOM pour un pouvoir monocéphale

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La CARICOM, organisation régionale des États de la Caraïbe, est au centre de critiques croissantes en Haïti. Plusieurs sources locales et internationales l’accusent de manipuler le paysage politique haïtien afin de faciliter l’installation d’Alix Didier Fils-Aimé en mode monocéphale après le 7 février.

Selon une source proche de l’organisation, certains acteurs politiques haïtiens sont placés dans une position délicate, en leur faisant croire qu’ils seront choisis pour désigner un juge à la Cour de cassation. En réalité, cette manœuvre vise à les écarter des discussions avec le Conseil Présidentiel, afin de disposer d’arguments pour discréditer les résultats qui en découleront. L’objectif, selon la même source, est de semer une confusion politique et de concentrer le pouvoir entre les mains d’un cercle restreint d’acteurs favorables à une gouvernance monocéphale.

Plusieurs groupes politiques majeurs ont choisi de ne pas répondre aux convocations de la CARICOM, par crainte d’être impliqués dans ce qui apparaît comme un piège politique. Parmi eux figurent La Fusion, l’Accord de Montana et le G10, ainsi que plusieurs autres coalitions influentes représentant une part importante de l’opposition et de la société civile. Leur absence met en lumière les tensions croissantes entre la CARICOM et les acteurs politiques haïtiens, et soulève des questions sur l’impartialité de l’organisation dans le processus de transition.

Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large d’instabilité politique et institutionnelle. Haïti connaît depuis plusieurs années un affaiblissement des institutions publiques, une gouvernance fragmentée et l’absence de renouvellement démocratique des dirigeants. L’insécurité, l’influence des gangs armés et l’incapacité de l’État à protéger ses citoyens accentuent le vide institutionnel et fragilisent la confiance du peuple dans ses institutions. Selon des analystes politiques, les manœuvres de la CARICOM pourraient renforcer la fragmentation politique, compliquer la tenue d’élections crédibles et prolonger l’impasse institutionnelle.

Confrontés à ces manœuvres et tensions, des voix politiques et civiles appellent à un dialogue inter-haïtien inclusif, réunissant l’ensemble des forces politiques, sociales et économiques du pays. Ils insistent sur le fait que la stabilité et la légitimité de l’État ne peuvent être garanties que par une concertation nationale, indépendante de toute influence externe, et par le respect strict des prérogatives constitutionnelles.

L’enjeu est clair : Haïti doit éviter une transition qui favorise des acteurs extérieurs au détriment de sa souveraineté, tout en trouvant un chemin vers une gouvernance stable, légitime et représentative. La situation reste précaire, et le rôle de la CARICOM dans les prochains mois sera scruté de près par l’ensemble des acteurs politiques et observateurs internationaux

Joel Damas, Journaliste

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